Présidentielle française: la réindustrialisation, thème incontournable de la campagne

0
Présidentielle française: la réindustrialisation, thème incontournable de la campagne

Le thème s’est imposé comme un sujet incontournable de toutes les élections présidentielles ces dernières années : l’industrie, ou plutôt en ce qui concerne la France, la réindustrialisation. La promotion du « Fabriquer en France » est un thème récurrent, mais depuis la crise sanitaire, ce thème fait consensus auprès des candidats.

Tous les candidats ont un mot pour ce « grand corps blessé » qu’est l’industrie française. Les pénuries de masques, de médicaments, et de composants électroniques pendant la crise sanitaire ont été un puissant rappel que le tissu industriel français était fragile… C’est le fruit de décennies de désindustrialisation. France a perdu un million d’emplois industriels entre 2000 et 2016.

Les causes en sont multiples et complexes. Cela rend la France dépendante de l’étranger pour des biens essentiels tout en entravant son développement futur.

Les candidats à la présidence de la République y vont tous de leurs préconisations

Ils veulent tous en faire une priorité nationale. Au nom de la souveraineté, de l’indépendance, de la lutte contre le déficit commercial record de la France. Le mois dernier, plusieurs candidats ont défendu leur vision devant le patronat français. Avec les prétendants de la droite insistant sur l’outil de la fiscalité ou l’allègement des normes pour améliorer la compétitivité du secteur.

Et plusieurs candidats de droite comme de gauche préconisent la commande publique pour soutenir les usines françaises. Pour tous, l’État doit assurément investir, et massivement, dans l’industrie française pour la relancer.

La semaine dernière, le président sortant et désormais candidat Emmanuel Macron a défendu son bilan en la matière

Dès le deuxième paragraphe de sa « lettre aux Français », Emmanuel Macron se félicite d’avoir été celui qui a permis à l’industrie de recréer des emplois. L’exécutif sortant a commencé ces dernières semaines à défendre son bilan. Il a consacré deux plans nationaux au secteur industriel et plusieurs événements annuels à destination des investisseurs étrangers.

Le plan « France Relance » lancé en septembre 2020, a soutenu près de 800 projets de relocalisation, moyennant 1,6 milliard d’euros de subventions et 3,8 milliards d’investissements. La mesure-phare de ce plan, c’est la baisse des impôts de production. Le ministère de l’Économie l’assure : 100 000 emplois ont été « créés » ou « confortés » grâce à ce plan.

Quant au plan « France 2030 » dévoilé en octobre dernier – trente milliards d’euros en cinq ans – il permettra, rappelle le président-candidat d’investir dans des filières clé comme le nucléaire, l’agriculture, les batteries.

Pendant ce temps, en France, des usines continuent de fermer

Cette campagne présidentielle pourrait être marquée cette fois encore par les images de ces sites en déshérence. Si l’emblématique usine d’aciérie électrique Ascoval de Saint-Saulve dans le Nord évite la délocalisation d’une partie de sa production, la fonderie automobile SAM (Société Aveyronnaise de Métallurgie) dans le sud-ouest de la France est, elle, liquidée. Renault, son principal donneur d’ordres, a préféré compter sur son usine en Roumanie, moins chère.

Les plus de trois cents salariés ont été licenciés. Une partie d’entre eux occupent l’usine depuis plus de cent jours. Ils entendent défendre leur outil de production, dans l’éventualité d’une reprise du site, qu’ils jugent stratégique.

Pour ces ouvriers, leur amère expérience résume les errements des politiques industrielles en France

Manque d’investissements dans l’outil de production. Manque d’une réflexion sur une stratégie de long-terme à laquelle les ouvriers seraient associés, afin de ne pas dépendre seulement de la logique financière et court-termiste imposée par les donneurs d’ordre.

Il faut sortir de la logique court-termiste pour se fixer collectivement un cap. C’est ce que préconisait en janvier la commission d’enquête de l’Assemblée nationale dans sa « feuille de route » pour la réindustrialisation de la France. Associer à la réflexion toutes les parties prenantes, y compris les salariés, afin de sortir aussi du clivage entre employés et patrons.

Dans leur rapport, les députés ajoutent qu’il faut un rôle, un accompagnement plus affirmé de l’État dans les entreprises définies comme stratégiques, surtout à l’heure où les impératifs écologiques réclament une transformation rapide de l’industrie.

Article précédentLe FC Barcelone fait une offre XXL à Erling Haaland
Article suivantSélectionneur du Cameroun, le nouveau défi de Rigobert Song

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici